Saumon : la Norvège reconnaît que son poisson est dangereux pour la santé

Un danger pour les enfants et les femmes enceintes
C’est notamment le diflubenzuron, un insecticide considéré comme « hautement toxique pour les organismes aquatiques » par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire, qui est retrouvé chez le saumon d’élevage. Or, « cette substance ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché communautaire ou française en tant que médicament vétérinaire », écrivait à son homologue norvégienne, en 2010 déjà, le ministre français de l’Agriculture de l’époque, Bruno Le Maire. Plus inquiétant encore : d’après Anne-Lise Bjorke Monsen, « on sait aussi que [les polluants] peuvent avoir un effet négatif sur les défenses immunitaires, le système hormonal et le métabolisme. Ils se transmettent aussi par allaitement ». Les personnes les plus sensibles à ces polluants seraient donc les jeunes enfants, les adolescents et les femmes enceintes, pour qui la consommation de poisson d’élevage norvégien est désormais fortement déconseillée.

60% de la production mondiale
Citée par Marie Claire, la scientifique rappelle ainsi que « si l’on a besoin d’oméga-3 provenant du poisson, le maquereau et le hareng sont très bien ». Malgré les alertes passées, le gouvernement norvégien a donc mis plusieurs années à admettre le risque que son saumon présente. Un retard peu étonnant quand on sait la manne économique que représente le poisson pour le pays. En effet, en 2012, la Norvège a fourni 60% de la production mondiale en saumon qui rapporte chaque année plus de 20 milliards d’euros au pays. En France, 80% du saumon consommé est d’origine norvégienne et les habitants de l’Hexagone en consomment 2,3 kg par personne et par an. Pourtant, depuis 2006, la Russie a cessé d’importer du saumon d’élevage norvégien, par mesure de précaution.

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